Les Kilims fleurissent dans les vitrines des marchands. Normal, les décors géométriques de ces tapis, d'origine Turc principalement, s'accordent particulièrement aux intérieurs modernes.
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Et leurs techniques de fabrication (ils sont tissés plutôt que noués) en fait des pièces accessibles.
Mais attention, les marchands n'hésitent pas à qualifier d'ancien ce qui ne l'est pas. Les Kilims anciens tiennent de la coutume tribal.
Ils étaient pour les femmes, seule habilitée à ce travail, une oeuvre de création et les motifs qui les décorent avaient une signification transmise de mère en fille : leurs préoccupations, richesse et fécondité, y étaient inscrites pour les initiés.
A l'heure actuelle, les femmes ont oublié la signification de ces motifs.
D'où la distinction opérée entre création et reproduction : on considère qu'un Kilim de collection doit dater du siècle dernier.
C'est à cette époque que l'on commence à utiliser l'aniline, une substance qui facilite la teinture et donne des couleurs criardes.
Pour différencier les anciens et ceux que l'on a laissés au soleil, à des fins de vieillissement rapide, il faut écouter les conseils du spécialiste français, Henri Daumas de la galerie Triff.
"Une pièce est ancienne contient toujours du bleu indigo ; et garde plus longtemps sa teinte contrairement à celle, passée, des productions plus récentes."
Il ne restera plus qu'à décoder le message délivré par la paysanne turque au marocaine du fond de son village, au siècle dernier.
Il existe deux techniques pour réaliser les tapis : la technique du point noué et celle du point tissé.
Dans le premier cas on fait du velours, dans le second on fabrique une étoffe qui donne en final un rendu plus sec et plus plat.
En Orient, on appelle ces tapis à points tissés des kilims. Les soumaks sont une variété de kilims brodés.
La technique du kilim est la même que celle employée dans la tapisserie européenne. Au plan de la production brute, les tapis à points noués devancent de loin les kilims.
Qualités propres à chacun de ces deux types de tapis :
Les tapis à points noués sont plus épais, plus lourds (ils ont donc une meilleure tenue au sol)
Les kilims, plus légers offrent par contre, à un degré de serrage identique, une meilleure définition graphique de leurs motifs.
Autre différence : avec les kilims, on joue sur les couleurs plus que sur les motifs qui sont toujours géométriques; a contrario les tapis à points noués offrent plus de richesse dans leurs dessins.
En ce qui concerne la solidité et la résistance à l'usure :
Les tapis à points noués et les kilims sont aussi solides et aussi résistants l'un que l'autre.
Tout est question de qualité (actuellement on voit beaucoup de kilims bas de gamme, ce qui influe sur l'idée qu'on peut s'en faire).
Soulignons juste que les kilims sont des tapis à part entière, faits pour être mis par terre, et pas seulement sur les murs.
Ils sont toujours en laine, ou en laine et soie. Ces laines sont d'ailleurs souvent de meilleure qualité que celles employées dans bien des tapis à points noués.
Durée de réalisation des kilims : Il faut pratiquement autant de temps pour réaliser un kilim qu'un tapis à points noués. Les kilims ne sont pas des tapis mécaniques faits à partir d'une machine.
En conclusion il faut ajouter que les kilims ne sont nullement considérés par les spécialistes et les collectionneurs comme les cousins pauvres des tapis à points noués.